Le Message d'Arras


Sommaire

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Genèse des "desseins" de l'Amour Miséricordieux

Schémas

Appel de l'Amour Miséricordieux à la Misère

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La voix de Marie-Ange

 

(Extraits du  Livre de l'Amour Miséricordieux - p.454-459 
Imprimatur de A. Caron, Vic. gén. Arras, Jeudi Saint 29 mars 1934)

"Ceci est le signe
  de ma Miséricorde"

 

 Premier stade
(p. 32 du livre de l'Amour Miséricordieux)

A l'école de la Croix
La Croix immense relie la terre au Ciel
atteint les extrémités du monde.

A l'école de l'Hostie
L'Hostie immense couvre la surface de la terre.

A l'école du Cœur de Jésus
Le cœur immense rayonne sur le monde
l'infinie Miséricorde.

- Signe d'identification du chrétien -

"C'est
mon Cœur Eucharistique"

 

Deuxième Stade
(page 201)

Le bois de la CROIX a été consumé par le Feu de l'Amour.

Le chrétien doit rendre "hostie pour Hostie".

Le chrétien doit se faire "tout cœur pour Dieu et les frères".

- signe de consommation du chrétien -

"Voilà le sceau de mon 
Amour Miséricordieux"

 

Troisième stade
(page 249)

Le signe de la Trinité

Le Père et le fils s'étreignent dans leur réciproque Amour qui est le Saint-Esprit (ce que représentent les faisceaux lumineux s'entre-croisant en un foyer)

devient le signe de glorification du chrétien. 

"Ayant le sceau du Dieu vivant...
... Jusqu'à ce que nous ayons marqué du sceau 
le front des serviteurs de notre Dieu"...
(Capit. des 1ères vêpres de la Toussaint)

"Habentem signum  Dei vivi....
... quoadusque signemus servos Dei
nostri in frontibus eorum".
(Capit. des 1ères vêpres de la Toussaint)

En Dieu  même est le sceau authentique de l'Etre ; "Il est", voilà son signe éternel.
Ce Signe de l'Être, il plaît à Dieu de le poser partout où il passe, c'est-à-dire partout où Il crée : toute la Création est ainsi marquée du sceau divin, "marquée au front" comme d'un authentique de Son Auteur, comme d'une marque d'appartenance.
Voilà donc "le Signe", ce croisé de l'amour, reproduit autant de fois qu'il y a, qu'il y aura d'êtres vivants dans le domaine du possible du créé.

En soi, le "Signum Dei Vivi", c'est le Coeur de Dieu - Amour vivant, donnant vie à toutes choses, - posé comme un "sceau" sur son Oeuvre.
Par ce "sceau", Dieu est présent à toute créature, d'une présence pénétrante, très intime et opérante.
En même temps, Dieu se livre à toute créature :
- Amour Créateur pour lui donner la vie,
- Amour-Médiateur et Rédempteur pour lui garder et lui rendre la vie,
- Amour-Sanctificateur et Glorificateur pour parfaire, pour épanouir, en elle, la vie.

Par rapport à Dieu, l'effet du "Signe" est sa Glorification.
Par rapport à nous, l'effet du "Signe" est notre sanctification.

Par son "Signe", Dieu se manifeste à tous ; Il entend que tous Le manifestent à leur tour (vivants messages) ;
Par son "Signe" : Dieu se communique à tous ; Il entend que tous le communiquent par rayonnement de vie et de lumière (témoins authentiques) ;
Par son "Signe", Dieu attire ; Il entend que tous remontent vers Lui, s'attirant les uns les autres par la charité.

Les modes de manifestation du "Signe" se réduisent donc à trois opérations: 

une  identification(1) par laquelle toute cellule de l'Eglise est profondément transformée par le germe de vie, son principe ;
une consommation par laquelle cette petite cellule est envahie, jusqu'à perte de soi,(2) par  le germe vivant, qui la pénètre de son feu (= développement de vie) ;
une attraction définitive par laquelle cette cellule vivante devenue elle-même feu vivant (= épanouissement de vie) est emportée, par la forme même de cette vie appelée amour, à la Source de toute vie, de tout Amour, y attirant après soi les autres cellules proches.

- Cette identification, cette consommation et cette glorification sont les bases du "Sacrifice " dans la Création : 

sacrifice d'adoration reconnaissance des droits de Dieu sur sa créature ;
sacrifice d'intercession : par quoi la créature attend tout de Dieu ;
sacrifice de réparation : (par accident) par quoi la créature reconnaît devoir tout rendre de ce qu'elle a soustrait à Dieu ;
enfin sacrifice d'action de grâce par quoi la créature confesse qu'en Dieu est sa fin bienheureuse.

En fait, il n'y a qu'un "Signe"(3) : le "Signum Dei vivi", mais ce Signe a trois aspects, suivant qu'il opère, successivement, l'identification, la consommation(4) et la glorification.

1. Le signe de l'identification (1er schéma p.32) c'est le Cœur de Dieu eucharistique, c'est-à-dire caché dans la cellule créée et la travaillant en profondeur par le moyen de la croix ; car la croix est l'autel universel sur lequel s'immole au Feu d'amour - hostie vivante - toute matière livrée au Sacrifice.

II. Le signe de la consommation (2ème schéma p.201) c'est le Cœur de Dieu eucharistique, toujours caché dans la cellule créée et l'envahissant, la consommant de plus en plus, faisant triompher le Feu d'amour. Ce Feu d'amour a absorbé le bois de la croix lorsque, du consentement de la victime, Il en a accompli la consommation définitive. Elle-même n'est plus alors qu'un amour-charité : "C'est à ce Signe qu'on vous reconnaîtra pour miens".

III. Le signe de la glorification, (3ème schéma p.249) c'est le foyer d'amour, Cœur de Dieu, se dévoilant enfin face à face à sa créature transfigurée dans la Charité. Ayant tout perdu d'elle, elle a tout gagné de Lui. Cette petite cellule glorifiée est ainsi elle-même un foyer de vie rayonnant de lumière, portant partout le feu d'amour : "Signatum est super nos lumen vultus tui, Domine, dedisti laetitiam in corde meo." (Ps.4).(
Ainsi, en la créature transformée, resplendit "le signe de la Trinité", car, en ce vivant "royaume", le Père et le Fils s'étreignent librement dans leur réciproque Amour qui est le Saint-Esprit.

Tout le travail se réduit à l'amour : Dieu tout Amour attend de sa créature l'amour de retour : quand celle-ci a tout donné à l'Amour, elle est, dans sa mesure, amour comme Dieu est Amour.

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(1) Quand on parle d'identification, il ne saurait être évidemment question d'identification parfaite de substance et d'être, mais d'union des cœurs et des volontés dans le sens précisé par les théologiens au traité de la grâce.
(2) dans le sens de la parole évangélique : "Celui qui  perdra sa vie pour l'amour de moi, la retrouvera."(Matth. XVI,25)
(3) "Il a daigné poser son Signe sur ma face" (Ste Agnès).
(4) Les termes d'identification et consommation étant entendus ainsi : l'identification, une consommation commencée ; la consommation, une identification achevée - dans le sens et la mesure indiqués plus haut et précisés par la théologie.

En ce qui regarde les communications mystiques que peut renfermer ce Livre, nous nous conformons à la discipline établie et déclarons nous soumettre filialement et entièrement au jugement de la Sainte Eglise Notre Mère.
(P.459 du "Livre de l'Amour Miséricordieux")